Club de l'amelioration de l'habitat
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Troisième colloque du Club pour le développement durable de l'habitat existant

Le Club de l'Amélioration de l'Habitat a rassemblé 350 représentants de la filière du bâtiment, le mardi 4 décembre 2007, à la Maison de la Chimie à Paris, pour son colloque : « La rénovation durable : une urgence énergétique, un défi de société majeur, un enjeu capital pour le secteur du bâtiment ». Ouvert par Nathalie Kosciusko-Morizet (Secrétaire d'Etat à l'Ecologie), introduit par Sabine Baïetto-Beysson (Directrice Générale de l'Agence nationale de l'habitat) et conclu par Alain Maugard (Président du CSTB), ce colloque a fait intervenir près de 30 personnalités des secteurs publics et privés de la filière pour traiter des mutations nécessaires à une rénovation durable de l'habitat.

  

 

 

 

 

 

Au lendemain du Grenelle de l'Environnement, Nathalie Kosciusko-Morizet a rendu hommage au Club de l'Amélioration de l'Habitat « qui n'a pas voulu restreindre ses débats au seul thème de l'amélioration énergétique des logements, car une rénovation durable doit répondre aux attentes de l'ensemble des segments de la population, en termes de qualité, d'accessibilité, de santé, de sécurité et aussi de dignité ».

 

  

 

 

 

 

 

Pour Sabine Baïetto-Beysson, « la structure du Club doit servir de modèle à un dialogue entre les professions et avec les pouvoirs publics», un dialogue absolument nécessaire à une rénovation thermique performante des logements à grande échelle.

Intégrer l'enjeu du mal logement à la rénovation durable

 Patrick Doutreligne (Fondation Abbé Pierre) a témoigné des conditions de logement des ménages défavorisés.
1 150 000 personnes vivent actuellement dans des logements dépourvus de confort de base. 300 000 ménages sont bénéficiaires du Fond de solidarité au titre des charges d'énergie. Jean Luc Simon (Groupement Français des personnes handicapées) a rappelé que 6 millions de personnes font face à une restriction de capacité qui leur rend difficile l'accès et l'usage de leur logement. Serge Horvath (Cimbéton) a annoncé 800 décès et 10 000 victimes dûs aux 90 000 incendies qui frappent tous les ans les logements.

Comment mettre en œuvre les objectifs du Grenelle de l'environnement ?

Selon l'observatoire OPEN de l'ADEME, le marché de la rénovation énergétique est d'environ 13 milliards d'euros (soit 1/3 du marché total de la rénovation de l'habitat) avec de grandes disparités : les menuiseries comptent pour 15%, le chauffage pour 10%, l'isolation intérieure pour 4% et l'isolation de la toiture pour 3%. Pour réduire par 4 les émissions de gaz à effet de serre des logements d'ici 2050, il faut que soient dépensés de 15 à 30 000 euros par ménage pendant cette période, ce qui participera à la création de 100 000 à 200 000 emplois qualifiés pendant 43 ans. Le vaste plan de rénovation thermique des bâtiments issu du Grenelle de l'Environnement doit permettre au parc de logements situés actuellement à 90% en étiquettes énergie G ou F de passer à 80% en étiquettes A, B, C ou D, l'étiquette G ayant disparu.

Les objectifs du Grenelle de l'Environnement étant actés, il reste à les mettre en œuvre rapidement. Nathalie Kosciusko-Morizet a annoncé que la première loi du Grenelle sera déposée fin janvier et une deuxième au printemps. Le rendez-vous de mi-décembre, fixé au 19 décembre, où plancheront les 6 comités opérationnels concernant le bâtiment, doit voir la création d'un comité ad hoc qui travaillera notamment sur les modes de financement des travaux, sur les exigences à fixer au moment des mutations, sur le développement d'outils d'aide au choix.

Le financement des travaux

L'observatoire OPEN analyse l'impact du crédit d'impôt notamment pour des travaux d'un montant compris entre 1 500 et 15 000€. Alain Jacq (Direction Générale de l'Urbanisme, de l'Habitat et de la Construction) a confirmé ce constat avec l'annonce du coût du crédit d'impôt pour l'Etat : 1.9 milliard d'euros en 2007 pour 5.7 milliards d'euros de travaux. En 2008, il devrait coûter 2.4 milliard. Mais les dépenses sont différentes selon les types d'équipements ou de matériaux. Si le crédit d'impôt est très utilisé pour l'isolation des parois vitrées, des chauffages bois et biomasse, dans une moindre mesure pour les pompes à chaleur, les chauffages et systèmes de production d'eau chaude solaire, ainsi que pour les chaudières à condensation, il coûte peu à l'Etat pour les chaudières basse température et presque rien pour l'isolation des parois opaques. Plusieurs questions sont à l'étude et notamment l'intégration de la main d'œuvre dans l'assiette du crédit d'impôt.
D'autres pistes de financement sont à explorer : un bonus à la déductibilité d'emprunt en cas d'acquisition exemplaire, des aides pour les ménages en précarité énergétique, etc.
Du côté des aides, Sabine Baïetto-Beysson a annoncé qu'il serait proposé au prochain Conseil d'Administration de l'Anah de déplafonner les subventions à l'ingénierie dans le cadre d'opérations programmées à volet énergie, qu'étaient à l'étude des dispositifs de micro-crédit pour les plus modestes, ainsi que la révision des conditions d'aide avec des niveaux de performance minimaux à respecter.
Les banquiers n'étaient pas en reste pendant ce colloque, le crédit apparaissant dans l'observatoire OPEN comme déterminant pour les opérations supérieures à 15 000€ ; ils souhaitent que les travaux porteurs d'espérances d'économies d'énergie puissent faire l'objet d'une garantie.

Quelles performances pour quels travaux ?

Plusieurs pistes ont été débattues :

  • L'accompagnement des particuliers vers les bons choix (collectivités locales, espaces info énergie, outils d'aide à la décision, conseils des professionnels au-delà de leur métier, maîtrise d'œuvre).
  • L'innovation technologique. Certaines techniques, comme le solaire photovoltaïque, sont déjà largement diffusées à l'étranger. Mais, selon Christophe Lagrange (Lafarge Couverture), ces techniques doivent être plus largement diffusées et demandent des compétences croisées de la part des poseurs.
  • La formation des professionnels à de nouvelles techniques et à la capacité de prescrire de l'isolation quand on est chauffagiste et une amélioration de l'installation de chauffage quand on est menuisier ou maçon. De tels artisans pourront devenir des Eco-artisans pour Jean-Marie Carton (CAPEB). Les distributeurs ont un rôle à jouer auprès de leurs clients, selon Franck Bruel (Point P) pour les aider à s'informer et à se former.
  • Les groupements de professionnels, selon Jean-Pierre Roche (FFB), pour offrir aux particuliers une offre globale leur permettant d'optimiser leur projet thermique avec une réflexion sur l'enveloppe de leur logement, l'installation de chauffage, la régulation et la ventilation. La profession de rénovateur est en gestation pour Alain Maugard.

Le débat a dépassé la formation continue pour aborder avec la salle l'évolution de la formation initiale, des diplômes, l'obligation de la qualification.

  

L'ensemble des débats du colloque a été marqué par une grande liberté de ton et ce fut particulièrement le cas pour une intervention conclusive du Président du CSTB, Alain Maugard appelant chacune des parties prenantes de la rénovation énergétique à s'atteler aux questions « tabous » les plus difficiles pour que la mise en mouvement du monde du bâtiment vers le facteur 4 puisse commencer à devenir une réalité.

 

Le programme de la journée

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Les exposés de la journée

Les discours et principaux exposés


Les actes du colloque

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